Stéphane Vial

"Technology has a power to generate « phenomenality ». The power to generate what appear as real, through perception.

"

- Stéphane Vial
svg stephane vial visage

Introduction

Stephane Vial est un philosophe chercheur en design, dans cette interview, à la cité de la mode et du design, il développe une petite partie de l’histoire du design, comment nous le percevons, comment il est « né » et comment il a évolué et été perçu au long des années.


Design numérique

L’etymologie du design

Le mot design est souvent utilisé comme un adjectif mais il n'en est pas un en réalité. Le mot design est tiré du latin, « signum » et dans la notion de design il y a l’idée de marquer un signe différenciant.

Aujourd’hui ce mot est devenu un terme à la mode, les gens l’utilisent comme un adjectif or c’est un mot qui a besoin d’être problématisé, contexstualisé qui recouvre un champ professionnel et disciplinaire. Cette « mode » pour ce terme démontre l’intérêt que porte notre époque pour ce mot et ce qui s’y rattache.

cailler et crayon

« Franchiser » le terme design

Au cours des années, de nombreux français on essayé de « franchiser » le terme design et parmis eux il y a entre autre :

- Jacques Viénot dans les années 50 qui utilise le terme esthétique industriel traduction de « industrial design » car il est estime que le design est une discipline européenne or c’est Américain. Cette appellation du terme design a été un facteur de cette dérive d’associer le design à la décoration, au mobilier intérieur …

- Ensuite il y a eu aussi Jaques Toubon qui utilise le mot styllic qui rentre encore dans une dérive esthéticienne qui mène à la confusion en être designer et stylicien.

- Et finalement, en 2010 dans la classification des professions Lindsay a essayé de remplacer design par concept, concepteur puisqu’en anglais design se traduit aussi par conception mais on ne peut pas réserver le concept au design.

Tout ça démontre que « franchiser » le terme design n’est pas possible, c’est un emprunt à l’anglais comme bien d'autres termes utilisés dans la langue française.

dessin create

Le Bauhaus

L’école « Bauhaus » a été la 1ère école de design moderne, les autres écoles se dirigeaient plus vers la tradition des écoles des beaux arts, ou vers le 19e des arts appliqués, arts appliqués à l’industrie ou encore décoratifs.

Walter Gropuis en 1919 combine l’enseignement des beaux arts et des arts appliqués dans une seule école menant à une vision plus large et interdisciplinaire de la culture créative dans l’école qui devient alors un modèle de pédagogie en design.

Le Bauhaus a fusionné design et art mais le reste du monde n’as pas suivit cependant ces deux mentalités se pratiquent ensemble et se mélangent, elles gagnent à se compléter.

Industrial design

La naissance de l’industrial design

L’industrial design est né aux USA dans les années 20.

Peter Berhens est le 1e architecte/designer en 1907 à travailler pour l’industrie, il refait les packaging, les logos,… Mais c’est aux Etats Unis qu’est créée la première agence de design par Walter Tig à Seattle c’est d’ailleurs par cette entreprise, en appelant leur activité industrial design, que ce terme est créé.

A ce moment quatre agences se créént dont celle de Raymond Loewy qui a dessiné de la locomotive aux packaging de Coca-Cola. Ce boom du design industriel sera un remède à la crise en 1929 en dynamisant les ventes par des produits repensé dans leur design mais aussi dans leur fonctionnalité avec une nouvelle enveloppe esthétique.

L’organisme « World design organisation », créé 1957 réunissant toutes les sociétés de design industriel démontre que la profession est mature.

architecte dessin maison

La naissance de l’industrial design

Jacques Viénot voit l’industriel design plus comme une science du beau il a un attachement à la philosophie esthétique avec l’idée de l’alliance de la forme et de la fonction, la forme suit toujours la fonction.

Cette idée de forme-fonction se retrouve dans l’industriel design et dans l’esthétique industriel à la française mais les deux se distincte. En effet, les Américains assume l’alliance forme-fonction-marché tandis que chez Vienot il y a l’idée de forme-fonction-vérité, un object bien conçu incarne une vérité morale et l’aspect commercial n’est qu’un bénéfice secondaire.

Cependant il y a bien une vision marketing du design, le design utilisé de manière stratégique peut avoir un impact dans l’entreprise, comme chez apple. L’industriel design est alors utilisé comme moyen de vendre plus ce qui pose un problème aux designer qui voit le design devenir un moyen de consommation. Un dilemme se pose, faut-il travailler pour vendre plus et gagner plus ou travailler comme design d’auteur ?

La technique

La renaissance est la 1ere fois dans l’histoire de l’occident qu’on valorise les techniciens. Si on remontre à l'antiquité les esprits sont marqués par les idées des philosophes, du platonisme. Platon qui dit que la technique est faite de matière, qu’entre l’esprit et la matière l’esprit prends le pas sur la matière en dignité.

Bertrand Gilles est un historien qui a étudié ce phénomène et en particulier Léonard De Vinci mais de De Vinci en tant qu’historien des techniques et ingénieur. Il est difficile aujourd’hui de retrouver des profils comme De Vinci ou Michel Ange çar les sciences se sont trop approfondies, précisées.

En effet depuis le développement du numérique, du web la technique est au coeur de toutes les opérations, la technique, souvent déconsidérée dans l’occident retrouve une valeur de dignité. Les cultures et technologies numériques on ouvert le regard qu’on peut porter sur la technique qui devient, pour certains, une valeur nouvelle et porteuse pour le monde dans lequel on vit et dans lequel on va.

Technique, milieu et perception

Comment peut-on définir l’outil et la technique ? L’outil est la manière instrumentaliste de penser la technique. La notion de milieu technique amené par des penseurs prouve que la technique n’est pas seulement des outils mais aussi un milieu de vie dans lequel nous évoluons.

« l’être et l’écran »

Dans « l’être et l’écran » il y a l’idée que les techniques sont des environnements, des milieux perceptifs, des enveloppes dans lesquelles nous bâtissons notre faculté de percevoir, notre perception est donc influencée, déterminée par les techniques avec lesquelles on vit.

Chaque technique a des propriétés perceptives bien à elle qui permettent de structurer, influencer notre faculté de percevoir au quotidien. Tout ça résulte d’es grands systèmes techniques et leurs impact sur notre perception et comment ils l’ont affecté.

Le système technique numérique a commencé dans les année 1920 avec l’électronique et s’est développé tout au long jusqu’à aujourd’hui, entre autre en 1940 avec l’informatique algorithmique, les réseaux, internet et encore le web.

Chaque fois qu’on retrouve des composants, algorithme, et du réseaux on est dans le système technique numérique.

work in prpgress

Le numérique permet des choses qui n’était pas possible au niveau perceptif avant alors comment affecte t-il notre faculté de percevoir ? Il faut déjà accepter que ce que nous percevons est techniquement conditionné à notre insu, que des choses se sont naturalisés, banalisés à notre insu.

C’est en considérant qu’il y a une manière de s’adapter aux techniques qu’on peut sortir de la vision de la technique comme outil parce qu’on s’aperçoit que c’est en fait un milieu perceptif de vie.

La technique

La technique peut aussi avoir une valeur culturelle, le secteur tech est à l’image de ce renouveau de dignité que la technique trouve depuis quelques décennies. Le problème c’est que généralement une nouvelle technologie apporte autant de questions et de problèmes que de réponses et de solutions. Il faut sensibiliser les gens à la subtilité de la relation entre technique et perception constante et que le numérique n’apporte rien de nouveau sur ce point.

En effet, il ne fait que re configurer notre rapport perceptif au mode en modifiant le cadre technique qui constitue le millieux de vie.

Il y a donc un regain d’intérêt pour technique et nouvelle valeur culturelle mais aussi une problématique culturelle parce que l’ensemble de nos conditions de vie sont bouleversées et questionnées.

design tools

Inquiètudes

La machine est une délégation, on délègue les taches qui nous gênent à des machines, des objets comme à la pré histoire, une pierre pour outils. Ces objets sont ce sans quoi nous sommes sans pouvoirs.

On ne s’inquiète par l’existence des couteaux par contre on se choque de l’émergence des robots humanoïdes, on s’inquiète de ce qui est nouveaux, de ce qu’on ne comprend pas d’une nouvelle expérience perceptive. Ces inquiétudes pour les comprendre il faut arriver a mettre de côté notre inaptitude perceptive à comprendre ce genre de machine, oublier nos peurs et voir les réelles problématiques, qui sont plus complexes si on élimine pas nos propres complexes.

Conclusion

On peut tirer plusieurs conclusions de cette interview, la première étant qu'on ne peut pas "franchiser" le mot design c'est un emprunt à l'anglais. La deuxième est que la technique est un milieu de vie, elle influence notre perception et notre façon de vivre.

Et enfin, pour comprendre les nouvelles technologies il faut arriver à mettre de côté nos peurs et appréhensions pour apprecevoir les réelles problématiques.

Si cela vous a plus, vous pouvez retrouver le reste de l'inerview de Stéphane Vial ici, vous pouvez également visiter son site.

Vous pouvez également accéder au case-study de mon site ici.